Well, I don't fit the age requirement to enter the contest (let's just say I am not considered a youth anymore and people call me ma'am,) but I still had fun playing around with words. Here's the result:
C'était ma première colo. Nous étions à Koumac tout au nord du Caillou. Le souvenir des premiers jours est désormais un songe lointain, une histoire un peu floue d'espionnage nocturne, de chansons entêtantes, de béguin d'enfant, de jeux de chasse, constructions en papier mâché, guirlandes de couleur.
Je me souviens surtout d'un matin. Nous nous étions réveillés dans un monde de silence. Dehors, pas un bruit, les cigales s'étaient tues, les oiseaux aussi, pas une âme qui pipait, le temps soudainement suspendu, le sentiment de quelque chose de pas du tout naturel.
Puis, imperceptiblement d'abord, un bruissement avait parcouru le feuillage des grands arbres, comme une caresse douce et chaude dans l'humidité du matin. La caresse s'était affirmée, prenant le caractère d'une main géante qui balayait les larges palmiers, ébouriffait les feuilles des niaoulis et des flamboyants, malmenait même les banians géants.
Vite, on nous avait ramenés à l'intérieur de la grande bâtisse. D'un coup, la pluie était tombée, des gouttes énormes qui martelaient le toit de tôle, se déchainaient contre les carreaux des fenêtres, creusaient des torrents dans les sentiers qu'autrement nos pieds battaient en nuages de poussière rouge.
La nuit était tombée, en plein après-midi. Nous nous occupions entre jeux de cartes, rondes et chants. La lumière jaune de la grande salle s'était soudain éteinte: panne d'électricité. Ce soir-là nous avions diné à la chandelle. Puis dans la nuit, un arbre s'était abattu sur la fenêtre de notre dortoir. Vite, vite nous avions déménagé chez les monos, oreiller sous le bras. Le lendemain, la vie avait repris son cours: les oiseaux piaillaient à tue-tête, vacarme joyeux et incessant. Le cyclone était parti.
Nous, nous allions reprendre les transports, rentrer chez nous, confier à nos parents que oui ils nous avaient un peu manqué tout de même.
Et moi, depuis ce jour, j'ai gardé un petit penchant tendre pour les tempêtes et les cyclones, souvenir de ma première colo.
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