In Carine's last posts she mentioned a writing contest in celebration of the International Francophone Week: narrate in less than 2000 characters a vacation memory, imperatively using these 10 words: autrement – âme – songe – transports – histoire – chez – confier – naturel – penchant – caractère. As Carine, I don't fit the age requirement either to enter the contest but we decided that it would be fun if all our team was pretending entering the contest.
Je me sens comme un auteur devant sa page blanche à la différence seule que j'ai 10 mots devant moi. Je repense à l'histoire de Carine et j'ai beau chercher, aucun souvenir de mon enfance ne vient m'inspirer. Je relis cette première ligne et surprise, j'ai déjà utilisé un mot. Je relis les 10 mots à utiliser et il n'y a rien à faire aucun souvenir personnel ne vient à mon aide. En revanche, mon naturel penchant pour la Commedia dell'arte et certains de ces 10 mots me font alors voyager vers des personnages aux caractères stéréotypés mais si humains. Je me vois déjà chez Pantalone à écouter entre deux portes, j'aperçois Colombine confier à Arlequin le dernier songe de sa jeune maîtresse et Arlequin raconter les transports amoureux de Léandre pour Isabelle. Je me ballade dans le jardin de la maison du Dottore, et je vois Polichinelle, l'âme en peine, lire la lettre de refus que Colombine lui a écrite. Un bruit me fait sursauter, je sors de mes rêveries italiennes et je relis mon paragraphe. Je compte les mots: neuf! Encore un à utiliser mais autrement, j'ai fini! HA! Ca y est! J'ai fini! Finalement, en relisant encore une fois, je me rends compte que tout ce paragraphe me rappelle les deux voyages que j'ai eu la chance de faire en Italie. Je me souviens de me perdre délicieusement un matin très tôt dans les ruelles désertes de Venise à la recherche de la maison d'enfance de Carlo Goldoni.
Ecrit par Jane
In my last post I mentioned a writing contest in celebration of the International Francophone Week: narrate in less than 2000 characters a vacation memory, imperatively using these 10 words: autrement – âme – songe – transports – histoire – chez – confier – naturel – penchant – caractère. Well, I don't fit the age requirement to enter the contest (let's just say I am not considered a youth anymore and people call me ma'am,) but I still had fun playing around with words. Here's the result:
C'était ma première colo. Nous étions à Koumac tout au nord du Caillou. Le souvenir des premiers jours est désormais un songe lointain, une histoire un peu floue d'espionnage nocturne, de chansons entêtantes, de béguin d'enfant, de jeux de chasse, constructions en papier mâché, guirlandes de couleur. Je me souviens surtout d'un matin. Nous nous étions réveillés dans un monde de silence. Dehors, pas un bruit, les cigales s'étaient tues, les oiseaux aussi, pas une âme qui pipait, le temps soudainement suspendu, le sentiment de quelque chose de pas du tout naturel. Puis, imperceptiblement d'abord, un bruissement avait parcouru le feuillage des grands arbres, comme une caresse douce et chaude dans l'humidité du matin. La caresse s'était affirmée, prenant le caractère d'une main géante qui balayait les larges palmiers, ébouriffait les feuilles des niaoulis et des flamboyants, malmenait même les banians géants. Vite, on nous avait ramenés à l'intérieur de la grande bâtisse. D'un coup, la pluie était tombée, des gouttes énormes qui martelaient le toit de tôle, se déchainaient contre les carreaux des fenêtres, creusaient des torrents dans les sentiers qu'autrement nos pieds battaient en nuages de poussière rouge. La nuit était tombée, en plein après-midi. Nous nous occupions entre jeux de cartes, rondes et chants. La lumière jaune de la grande salle s'était soudain éteinte: panne d'électricité. Ce soir-là nous avions diné à la chandelle. Puis dans la nuit, un arbre s'était abattu sur la fenêtre de notre dortoir. Vite, vite nous avions déménagé chez les monos, oreiller sous le bras. Le lendemain, la vie avait repris son cours: les oiseaux piaillaient à tue-tête, vacarme joyeux et incessant. Le cyclone était parti. Nous, nous allions reprendre les transports, rentrer chez nous, confier à nos parents que oui ils nous avaient un peu manqué tout de même. Et moi, depuis ce jour, j'ai gardé un petit penchant tendre pour les tempêtes et les cyclones, souvenir de ma première colo.
March 17 to March 25, millions of French speaking people around the globe will come together to celebrate the French language and francophone cultures for the 15th annual “Fête de la Francophonie.” For the occasion, the French organization AFAL (Association Francophone d'Amitié et de Liaison) launched a writing contest: le concours international des 10 mots de la francophonie. Librarians and young adults (18-25) from around the world are encouraged to share a vacation memory in French incorporating this year's 10 words: autrement – âme – songe – transports – histoire – chez – confier – naturel – penchant – caractère. A panel of writers, journalists and linguists among others will be judging the entries. The best texts will be published in an anthology. You have until March 20th to submit your entries, so get to your pens (or keyboard) and pass the word around! Visit www.concoursdes10mots.fr to enter the contest or for more information.
By now, you've probably read the article published in the Wall Street Journal a few days ago with the sensational title Why French Parents are Superior. We discussed it at length with friends over hot chicken wings during Super Bowl Sunday: it was a debate as juicy as the wings and it brought up endless anecdotes and even more parenting stereotypes.
When Pamela Druckerman in her article opposed the “French patience” vs the “American instant gratification,” I immediately thought of Françoise Dolto, the renown (at least in France) baby and early childhood psychoanalyst, and of something I had read a while back in a collection of articles and conference transcripts titled Tout est langage.
Dolto was bringing up the concept of need versus desire, and how it is our role as parents to satisfy our children's needs but not necessarily their desires. Her argument is that desires are important to children, but rather than indulging these desires with instant gratification, there is much more benefit in delaying their fulfillment, if at all. Instead, Dolto argues, valorizing the desire by talking about it, discussing it, sharing in the daydream is what brings the true and lasting gratification to the child. It is not so much the fulfillment of their desires that children seek, but rather the opportunity to connect. Furthermore, she says, it is the unfulfilled desire that helps the child grow, and it is the same unfulfilled desire that shapes itself into creativity and invention.
Could it be, then, that learning patience, rather than being a French thing, is nothing more than accepting no for an answer and making the best of it?
Carine
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